Alsace-Lorraine

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Depuis que Carrefour a mis en place sa »ligne bleue » et l’ordre de mobilisation générale des caissières censé s’ensuivre (mais qui sont ces serpents qui sifflent sur les chaussettes de l’archiduchesse ?), j’ai l’impression de contempler la ligne bleue des Vosges si chère à Ferry (Jules, pas Luc), chaque fois que je vais acheter mon Munster et ma choucroute.

 

D’ailleurs, au moment de dégainer ma carte, bleue elle aussi, je sens que « monte jusqu’à mon coeur fidèle la plainte touchante des vaincus » de l’euro(pe)…

 

 

La carte et le territoire

(Ca y est, je l’ai commencé, mais rien à voir, ici)

 

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Dans cette commune, dès qu’on aura fini de construire des crèches et d’ouvrir des salons de coiffure, de festoyer avec les anges et de nous rejouer « Les plaideurs » à chaque conseil municipal, d’ériger des tiroirs géants dans le parc Bétailhe et de nous coller des garages à vélos partout, dans cette commune en pleine expansion/ébullition/mutation, donc, dès qu’on trouvera cinq minutes, il s’avérerait judicieux de nous remettre la cartographie à jour.

 

Mettons-nous un peu  à la place du cenonais moyen, ou du poor lonesome stranger égaré dans notre ville. Admettons qu’il cherche urgemment à poster une lettre d’amour, à relire « La princesse de Clèves » ou le dernier Houellebecq, à se faire un petit parcours sur le green ou tout bonnement à fuir au plus vite ce nid de coucous et de topographes fous.

 

Et bien, sur la carte ci-devant, il trouvera encore la Poste en face du bar-tabac, la bibliothèque à côté de la mairie, le stade de foot et la piste de bi-cross à côté de l’église…

 

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Et le pauvre désorienté n’aura sans doute pas la présence d’esprit de regarder tout en bas à droite, sous la rose des vents plus turbulée qu’une girouette, la date du document: 1996.

 

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Que de changements durant ces presque quinze ans… Catastrophiques pour les uns, formidables pour les autres (et veuillez noter ma remarquable neutralité, merci).

 

Dans tous les cas, on ne pourra pas dire qu’Artigues s’est endormie sur ses haies de laurier!

 

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Dream teams

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Le 27 novembre, à 15 heures, Grange Bétailhe, aura lieu l’édition 2010 du Trivial Pursuit artiguais. 

 

C’est l’équipe ayant (brillamment) remporté le heu…trophée l’an dernier qui sera chargée de rédiger les questions. (Notez l’emploi du futur: on n’a même pas encore commencé à envisager d’y réfléchir…)

 

 Mais vous, pendant ce temps, préparez vos équipes, mobilisez vos enfants, vos voisins, vos copines de la salle de sport, le fan-club du brownie de chez Prenelle, les jurés du Prix littéraire, l’association des tailleurs de haies au carré, le syndicat des effileurs de franges, que sais-je encore…

 

On vous attend nombreux, et ça va saigner.

 

La virgule d’Echenoz

 

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Ce week-end, j’ai donc dévoré trois parts de St-Honoré le dernier Echenoz, en deux coups de cuiller à gâteau.

 

Un pur délice.

 

Calorique, mais si léger, mousseux et acidulé tout à la fois.

 

Et ce style…. « Le style, c’est l’AUTORITE », décrétait un grand tailleur de Savile Row, et comme c’est vrai, pas seulement pour le choix d’un gilet!

 

Quelque chose qui s’impose, et qui en impose, du péremptoire mais évident, du simple, du naturel, mais parfaitement coupé. 

 

Après tout, auteur/autorité…C’est bien de la même famille tout ça…

 

Etre un auteur, c’est être dans l’ »autorité », et Echenoz est un vrai auteur, à côté duquel les écrivaillons moyens ont autant de tenue qu’une copie de Prada dans les rayons de Zara.

 

En tournant les pages de « Des éclairs » (vite, trop vite…J’aurais aimé les retenir plus longtemps), je repensais à toutes ces choses merveilleuses que Céline a su dire à propos du style, comme quoi:

 

« C’est l’affaire de l’auteur d’effacer le travail. Vous mettez le lecteur dans un paquebot. Tout doit être délicieux. Ce qui se passe dans les soutes ne le regarde pas. »

 Et aussi comment les écrivains doivent « se débarrasser du sujet, comme l’ont fait les peintres depuis bien longtemps ».

 

Ainsi, à la page 36 de ce beau conte alternatif, il y cette virgule, ou plutôt cette mise entre virgules:

 

« …il paraît bien plus attentif à la contemplation de ces volatiles qu’a celle des, par exemple, filles. »

 

Juste après « des », et pas avant…Ce n’est rien, cette virgule, juste une petite broche au revers d’un col, mais c’est tout.

 

J’aimais déjà beaucoup la fameuse « virgule d’Oxford », que l’on pose, sans nécessité aucune, avant le dernier terme d’une énumération, et ce malgré la présence du « et ».


(Un peu comme se mettre du rouge à lèvres, un jour où l’on n’a pourtant pas prévu de sortir de chez soi: « J’aime Céline, le St Honoré, et Echenoz. » Une coquetterie dérisoire. Mais indispensable.)

 

 

Et maintenant, voilà que je vais aussi chérir infiniment la petite virgule d’Echenoz.

 

  (Et je garde aussi les « appréciations complimenteuses » de la page 75, et toutes les merveilleuses ciselures des négations page 52, et l’intégralité de la page 142, et…

J’attaque le Houellebecq, pour enchaîner sur une autre « fiction sans scrupules biographiques ».)

 

 

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