Beauté du Désespoir

dsc0108800x600.jpgRue de la Muscadelle

 

Juste pour la beauté de cet arbre, et de son nom.

 

C’est un Araucaria Imbricata, plus couramment appelé le « Désespoir des singes ».

 

Ca parle tellement, un nom pareil…

 

Notez également le délicieux petit nom de la maison qui l’accueille.

 

 

 

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Coquelicot

 

kif6606800x600.jpg -Tout-Y-Faut-
Tombé au champ d’honneur, le coquelicot.

Victime de sa réputation de mauvaise graine.

Recherché par la brigade des stups. Réduit à demander l’asile sur les bords de route ou les friches urbaines.

 

Reconstitution des faits:

Comme le bleuet et la matricaire, le coquelicot est une plante messicole: une amie des moissons, et qui fut très longtemps hébergée dans les champs, surtout de blé.Pour preuve, ce tableau de Monet:

 

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On connaissait déjà ses vertus soporifiques (le coquelicot est de la famille du pavot), et on mélangeait ses pétales à la bouillie des petits, afin de leur assurer une nuit paisible.

Puis, l’on s’en méfia: n’allait-il pas altérer la qualité des farines, qu’on voulut toujours plus blanches, toujours plus pures?

Alors, on se mit à séparer le bon grain de l’ivraie, en éliminant peu à peu ses semences. Discriminé le petit pavot, et refoulé aux frontières des prés.

Là, les herbicides achevèrent le travail. Le coquelicot (qui signifie « petit coq » en vieux français) fait maintenant crête basse sur les zones de chantier et les bords de trottoir.

C’est qu’il aime les sols bien « remués », d’où son amour pour les champs de blé, et de bataille. Là où on sait si bien labourer la terre et la chair des hommes.

D’ailleurs, en Angleterre, en écho à un poème pompeusement larmoyant, on en a fait le symbole des anciens combattants. Le jour anniversaire de l’armistice, on y distribue des « poppies » en papier. Mais rien à voir avec les « Poppies » chantés par Patti Smith…

 

Petites fleurs de couleur, mes soeurs de misère, si vous ne trouvez plus de place au carrefour de Tout-Y-Faut, émigrez donc en Grèce, où l’agriculture intensive n’a pas encore fait de ravages, et où l’on vous accueille , à prés ouverts, vous si rouges contre le bleu de la mer…

 

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Arum

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La voilà l’Arletty des jardins, la comtesse aux pieds nus, l’aristo des faubourgs, la fleur de mon coeur qui peut passer ,sans ciller ni déchoir ,de la chaumière au château.

 

Qui n’a jamais daigné, malgré toutes mes suppliques, s’acclimater dans mon jardin, et me nargue au détour des fossés.

 

 

 

 

La fleur emblématique de l’Art Déco, altière sur sa longue tige, sensationnelle dans les vases du design scandinave, mais qui préfère quand même pousser dans la boue des talus…

 

 

 

 

La fleur qui incarne si bien la pureté , à côté des lys sur les autels d’églises, mais qui se plaît à dégager au soir de putrides effluves….

 

 

L’élégante, la subversive..

 

 

 

 

 

En plus, on ne sait jamais quel nom est vraiment le sien: calla ? arum? zantedeschia?

 

 

 

 

Au Mexique, c’est bien plus simple. Elle s’y appelle: ALCATRAZ. Et c’est la fleur du peuple, maintes fois peinte par le grand muraliste Diego Rivera,charnelle et chaleureuse, dans des scènes de la vie quotidienne.

 

 

 

 

Ci-dessous, l’arum à l’européenne, peint par Tamara de Lempicka, quintessence de l’Art Déco. Et l’arum à la mexicaine, peinte par Rivera.

 

 

 

Et puis, l’arum d’Artigues, bien sûr…

 

 

 

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Rose


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(Avenue de la Vigne)
Depuis Ronsard et Françoise Hardy, tout a été dit sur la rose, reine du jardin. Je n’en rajouterai donc pas une autre couche, mais j’ai quand même envie de parler de Tannhaüser , et du bâton du pape.

 

Tannhaüser est le héros d’une légende médiévale allemande, que Wagner a adaptée pour l’un de ses opéras. C’était un chevalier-ménestrel qui mena une vie de débauche. Saisi de remords, il demanda audience au pape pour faire acte de contrition.

 

Le pape ricana (je résume, hein), et désigna le bâton qu’il tenait à la main. Il dit à Tannhaüser qu’il ne gagnerait sa place au paradis que lorsque son bâton fleurirait. (Equivalent en langage papal de l’expression : »quand les poules auront des dents »).

 

A peine Tannhaüser avait-il tourné les talons que le miracle s’accomplit, et le bâton du pape se mit à fleurir.

 

Il y a beaucoup de plantes dans mon jardin. Mais je n’en aime aucune autant que j’aime mes rosiers.

 

Il y a des buissons, des grimpants, des anglais perfides, et des anciens moussus.

 

Certains ont plus de vingt ans et des épines grosses comme des becs de perruche. A la fin de l’automne, je coupe les dernières fleurs fanées, je taille rigoureusement les branches pour les préparer à l’hiver.

 

Durant la morte saison, ils sont fichés en terre comme des bâtons inertes, hérissés d’épines, marronnasses et dénués de grâce.

 

Puis viennent les premières tiges pourpres,puis les feuilles,puis les boutons puis les roses.

 

Mes rosiers sont comme le bâton fleuri de Tannhauser. Et ils effacent tous les péchés de l’hiver.

 


 

 

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(Je dois m’incliner: le plus beau rosier d’Artigues ne se trouve pas dans mon jardin, mais Avenue de La vigne…)

 

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