Mimosa

 

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Février, mars, voilà les mimoisa, mois à pompons, mois à flocons jaunes et parfumés.

 

C’est Francis Ponge qui la comparaison avec le mime osa:

 

« …Sur fond d’azur le voici, comme un personnage de la comédie italienne, avec un rien d’histrionisme saugrenu, poudré comme  Pierrot, dans son costume à pois jaunes, le mimosa. »

 

Un magnifique spécimen de Pierrot poudré se dresse à l’angle de la rue Jean Moulin, et, selon le sens des vents, son parfum printanier parvient à se glisser jusqu’à l’entrée de l’école primaire.

 

Mimosa = Riviera, dans l’imaginaire collectif, et dans les toiles de certains peintres solaires tels Bonnard « L’atelier aux mimosas », ou Valloton ‘ »Mimosas à Cannes 1921″:

 

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 Car c’est là que cette plante, de la famille de l’acacia et australienne d’origine, fut implantée aux alentours de 1880 par l’aristocratie cosmopolite, en villégiature sur la Côte d’Azur.

 

 Elle s’y est tellement bien acclimatée (la plante, mais l’aristocratie aussi finalement), qu’il existe même la Route du mimosa, longue de 130km et reliant Bormes- les -Mimosas à Grasse.

 

Grâce aux parfumeurs locaux, elle a poussé un peu plus loin, vers Paris (le parfum de St Laurent) et remonte même les « Champs Elysées » de Guerlain, dont elle est l’un des principaux composants olfactifs.

 

Mais revenons à notre sPongieux poète, certes un peu fumeux mais c’est ce qui fait son charme:

 

« …Floribonds à tue-tête à démentir vos plumes

l’azur narines bées inspirant vos oracles,

Piaillez-vous piaillez -vous

Glorioleux poussins » 

 

Pas tellement piaillard, le floribond dans le langage des fleurs… Le mimosa signifie « Personne ne sait que je vous aime », et symbolise donc l’amour platonique, soupirant et lointain. Mais ça, c’était avant Meetic. A présent, l’amour virtuel a remplacé le platonic….

 

 

MI   raculeuse

MO  mentanée

SA    tisfaction!

 

MI   nute

MO   usseuse

SA   franée!!!

 

Francis PONGE

 

 

 

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Jonquille

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Mettons-nous d’accord: nous parlons ici de la brave jonquille, et non de ce snobinard de narcisse, son cousin pâlichon.

 

Notre jonquille tient son nom de l’espagnol « junco », qui signifie « jonc », en référence à la forme de ses feuilles. Cette méditerranéenne d’origine, pas bégueule, se plaît dans les jardins, les sous-bois, et pousse même jusqu’à 2000 mètres en altitude.

 

Cosmopolite, elle a fait le tour du monde. Les premiers migrants aux Etats-Unis avaient coutume d’en planter dans leur nouveau home du nouveau monde. C’est d’ailleurs souvent aux proliférations de jonquilles qu’on pouvait  déterminer les emplacements d’anciennes habitations.

 

La jonquille est toxique, et si, par hasard, il vous venait l’envie bien saugrenue de la déguster en salade, ou si, par mégarde, vous la confondiez avec un oeuf mimosa, sachez qu’il vous en coûtera une sérieuse gastro-entérite.

 

Peu d’anecdotes autour cette fleur à la tête toujours un peu penchée vers le sol, comme si, première à affronter les rigueurs extérieures, elle regrettait encore la chaleur de la terre.

 

Peu de traces en peinture, hormis cette oeuvre du pré-raphaëlite Waterhouse:

 

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Et c’est encore de l’autre côté de la Manche qu’on trouvera un poème ultra célèbre de Wordsworth qui lui est dédié:

 

Daffodils                                                                                                                
I wander’d as lonely as a cloud

That floats on high o’er vales and hills,

When all at once I saw a crowd,

A host, of golden daffodils.

 

(J’ai connu Emilie aux premières jonquilles

Elle était si jolie

Des jonquilles aux derniers lilas.

Dans la ferme endormie

Chaque fois que j’allais la voir

Son père avec un fusil 

M’attendait derrière l’abreuvoir

Des jonquilles aux derniers lilas.)*

 

 

Dans le langage des fleurs, la jonquille symbolise l’attente et l’espérance (« Jour après jour, j’attends la réponse à mon amour »).

Dans les jardins, les massifs et les potées, c’est le retour du printemps que les jonquilles nous aident à attendre et à espérer…


 

 *Etudiants en prosodie anglaise, il pourrait s’avérer risqué d’utiliser cette traduction, sauf si votre professeur est né  après 1978.

 

 

 

Des nèfles

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« Des nèfles! »: une expression autrefois commune, qu’on pourrait traduire, de nos jours, par: « Tu peux toujours sprinter, bouffon de ta race ».

 

Le néflier: un arbre autrefois commun, mais tombé en désuétude de nos jours, comme l’expression citée ci-dessus.

Et pourtant, quelle jolie vision d’automne que ce néflier alangui auprès d’une clôture, aperçu alors que je chassais à courre du côté de la rue des Cerfs: saupoudré d’or et chargé de promesses, à en faire mentir l’expression citée ci-dessus.

 

Certes, la nèfle n’est guère intéressante: on ne peut la consommer que blette. Comme les artistes en France, disait Julos Beaucarne, ce tendre troubadour lui aussi oublié, comme l’expression citée ci-dessus..

 

Pourtant, comme la pomme ou le coing, d’autres fruits de saison, la nèfle est un piridion indéhiscent, et non une drupe, comme la pêche ou la cerise. (Ca fait rêver, n’est-ce pas? Et si le rêve ne vous suffit pas, reportez-vous à votre dictionnaire de botanique préféré.)

 

Pourquoi ne pas remplacer « Des nèfles!!« , par « Des piridions!! », ou bien par leur nom grec: « Des mousmoura!!! »

A tenter, lorsque notre précieuse progéniture nous harcèlera pour une énième pochette de cartes Pokémon….

 

La déstabilisation cognito-sémantique (ou sémantico-cognitive, les deux écoles s’affrontent) ainsi provoquée contribuera peut-être alors à faire plonger ces maudites cartes dans l’oubli définitif, comme l’expression citée ci-dessus…

 

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Dahlia

 

dsc0232800x6001.jpg -Avenue de l’Ile de France-
Après l’arum, encore une belle mexicaine, ramenée en Europe au XVIII° siècle, et re- »découverte » par Mr. Dahl, qui lui légué son nom.

 

Au Mexique, où son tubercule (au goût âcre rappelant l’artichaut) était consommé de manière courante, on l’appelait: « Acocotli  » ou  » Chichipatli ». Aussi chantant qu’un titre de Los Machucambos!

 

C’est d’ailleurs au titre de légume qu’il fut tout d’abord présenté à Versailles, avant de faire une carrière plus longue et plus remarquée dans nos jardins, où il fait désormais le régal des limaces.

 

Elles en sont tellement friandes qu’il est recommandé de penser à les éloigner, dès la plantation des dahlias. Une petite coupelle de bière fait souvent l’affaire.

 

Le dahlia est un peu passé de mode, dans les jardins contemporains. Sans doute parce qu’il contraint le jardinier à retirer les tubercules du sol avant les grands froids, qui leur seraient fatals. Ou parce qu’on les a trop vus dans les jardins des grands-mères.

 

Pourtant, il fleurit du printemps aux premières gelées, offre toutes les couleurs possibles à l’exception du bleu, et ne compte pas moins de treize familles aux noms charmants: dahlia cactus, dahlia pompon, dahlia balle, dahlia dentelle…

 

Dans le langage des fleurs, il exprime la reconnaissance amoureuse, du genre : »Votre amour fait mon bonheur (et votre blanquette me comble). Merci. »

Y a pas de quoi (c’était du Picard.).

 

Très peu de dahlias en peinture, non plus. Heureusement qu’on peut compter sur Cézanne, croqueur de pommes mais aussi, parfois, de bouquets charmants:

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Une dernière anecdote amusante. Au tout début du XX° siècle, en Allemagne, une jeune épousée a fait un procès à son mari parce qu’il avait osé lui offrir un bouquet de dahlias blancs, lors de la cérémonie.

 

Elle a gagné, paraît-il, mais pour la reconnaissance amoureuse, elle repassera…

 

Y avait vraiment pas de quoi…

 

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