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La fuite à Varennes

 

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L’affaire du mollet de la reine
Suite et fin.
 

Tiraillée entre Ancien et Nouveau régime, peu encline à abandonner escarpins et dignité sur une effroyable machine à pédales, réticente à adopter le make-up waterproof indispensable à toute virée vélocypédique (transpiration, pluie, brouillard pouvant occasionner des ravages sur les plus royaux teints de rose), notre Marie-Entoilette d’Artigues a trouvé une solution imparable: fuir incognito à Varennes, dans ce véhicule discret, déniché dans les bas-fonds du Troc de l’Ile:

 

 

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Pour un prix tout à fait modique (environ 3000 écus), respectueux à la fois de la planète et de la perruque poudrée, cet attelage écologique lui permettra de surcroît d’arborer les ravissantes sandales conçues par Christian Louboutin et le brodeur Lesage, deux de ses équipementiers préférés (auxquels elle doit encore quelques menues factures, comme le lui a signalé en toussotant, le Ministre des Finances, ce matin.)

Non mais, quel rabat-joie celui-là, vivement la Terreur que je le dénonce au tribunal révolutionnaire…

 

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Montagnards ou girondins?

 

 L’affaire du mollet de la reine continue…

 

 

- »Mon cher Louis XVI Sous-Pape, je ne vois sans frémir gronder cette « révolution douce » aux portes de notre Trianon artiguais… Je n’ai rien contre quelques petites excentricités vestimentaires, certes, mais je préfère encore arborer cocarde et bonnet phrygien que de me présenter à la médiathèque dans l’accoutrement ci-dessous:

 

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- »Très (trop) chère Marie-Entoilette, ne laissez pas trouble et courroux assombrir votre front marmoréen. Tranquillisez-vous: bien qu’indubitablement girondin, notre fief artiguais n’en est pas moins un farouche adepte de la centralisation montagnarde.Veuillez jeter votre oeil azuréen sur le plan de la ville ci-dessous, vous comprendrez vite:

 

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* Endroits stratégiques: poste, pétanque, cigarettes, whiskey et p’tit marché, presse, école, mairie, potins, copines et chocolatines, etc….

 

 

« La topographie de notre commune, farouchement jacobine, INTERDIT tout bonnement le déplacement DOUX à base de vélocipèdes. Notre centre-ville est plus imprenable que la Bastille, défendu qu’il est par les deux infranchissables côtes qui l’encerclent.

 

Tranquillisez-vous, ma trop chère, cette soi-disant révolution s’arrêtera aux portes de notre riante cité, j’en mets ma tête à couper! »

 

 

Pensive, Marie-Entoilette contemple son royal et visionnaire époux. Diantre, s’il est aussi doué en prédiction qu’en serrurerie… quand je vois comment il a bidouillé la fermeture de mon ravissant coffret à bijoux en bois de rose….Même pas fichu de guérir une écrouelle en plus…. Et n’aurait-il pas pris du poids? A ce rythme, il ne rentrera plus dans son maillot Louis XV de l’année dernière….

 

Il est temps d’envisager des solutions de repli: Marie-Entoilette se lève et va appeler sa mère.

 

C’est moins cher, pour l’Autriche, en heures creuses.

 

A suivre…

Cahier de doléances

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!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Marie-Entoilette a été faire un petit repérage pré-cyclopédique des portions de pistes cyclables disponibles dans la commune, histoire de voir un peu où elle va poser son auguste pédale.

Bon, avenue de l’Eglise romane, jusqu’au feu, ça va à peu près. Les pistes cyclables toutes neuves sont très agréables, bien qu’encore un peu limitées. Mais les trottoirs de l’avenue sont suffisamment larges pour permettre aux trouillards dans mon genre de circuler dessus.

 

(On dit que le vélo ça ne s’oublie pas, mais j’ai quand même oublié comment on fait pour rouler droit, et mon fils pareil. Résultat, on passe la moitié du trajet à zigzaguer (de façon fort peu royale, j’avoue) en priant pour ne pas se faire alpaguer par les voitures qui nous frôlent parfois d’un peu trop près. Surtout dans les ronds-points. Brrr, les ronds-points… Fin de la parenthèse première.)

 

 Impeccable aussi du côté du quartier Feydeau.

 

Mais là où ça se gâte sérieusement, c’est dans la partie de l’Avenue de l’Eglise romane en direction de Tresses. En plus des véhicules qui la confondent avec une bande d’arrêt urgence, la piste cyclable recueille tous les déchets déposés sur la chaussée, agrémentés des graviers et diverses scories dues aux travaux. Et si on doit attendre la fin des travaux sur la commune pour faire du vélo tranquille, on n’est pas rendus…

 

De plus, on m’a rapporté que ces graviers sont assez pénibles pour les pneus très sensibles des vélos de course, qui n’y résistent pas toujours. Et c’est la mort programmée du talon bobine…

 

(Au fait, connaissez-vous l’histoire des fameux talons bobines rouges, mis à la mode par Louis XIV?

Et bien, il visita un jour les abattoirs de Paris et trempa ses escarpins dans le sang qui ruisselait au sol. Ces talons teintés lui plurent, et il les garda. Le célèbre chausseur Christian Louboutin a d’ailleurs adapté l’idée, et signe tous ses souliers de semelles écarlates.

Et je soupçonne aussi certaines recessionistas de colorier les semelles de leurs tatanes Zara, au vernis à ongles, pour faire genre. Fin de la  parenthèse seconde)

 

Marie-Entoilette évitera donc ce circuit par trop plébéien, mais vraiment à regret, car là, au moins, c’était tout plat…

 

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Ancien Régime

 

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Ouvrons le premier volet de l’ »Affaire du mollet de la reine » par une douce évocation du passé, au temps béni du bon roi Louis XVI-soupapes, où l’on pouvait encore rouler carrosse, sans rendre de comptes à personne.

 

Ahhh…..(Soupir) Souvenez-vous de notre légitime fierté devant les mérites comparés de nos fougueux destriers et de leurs performances autoroutières…

 

Souvenez-vous aussi de cette dîme, qu’on appelait « vignette » je crois, et qui permettait au fringant coursier de se démarquer du char à boeufs prolétaire…

 

Mais l’or noir coulait encore à flots, alors….Et de l’autre côté du monde, les millions de petits chinois pédalaient de toute leurs forces en direction de l’économie de marché et de ses promesses…

 

 C’était à Artigues, il y a à peine dix ans…

 

On pouvait dévaler plein pot l’Avenue de l’Eglise Romane en klaxonnant le manant qui avait l’outrecuidance de s’y risquer pedibus. Et même le faire valser dans les fossés de l’ Avenue du Mirail qui ne comportait alors pas l’ombre de la moitié d’un trottoir.

 

Parcourir quelques lieues à pied vous exposaient aux risques conjugués du freinage in extremis, suivi de son chapelet d’injures sexistes, du cor au pied pour cause de trottoirs défoncés, du cancer du poumon et de l’infarctus du myocarde.

 

Le petit peuple interdisait à ses enfants de circuler à bicyclette (la mortalité infantile était encore très élevée en ces temps-là), priait Saint Antoine chaque fois qu’il fallait traverser une chaussée au point du jour, et s’inclinait respectueusement au passage des 4×4 rutilants de chrome.

 

Marie-Entoilette circulait, heureuse et insouciante.

 

Et puis, on a dansé la carbagnole, aboli nos privilèges et exigé que l’on échange nos confortables carrosses contre d’instables vélocipèdes.

 

Les rues se sont transformées, il a fallu les partager avec le Tiers-Etat, les surélever et que sais-je encore…

 

Pendant ce temps, de l’autre côté de la terre, les milliards de petits chinois, accédant enfin aux délices du paradis libéral et de la voiture à crédit, parcouraient le chemin exactement opposé…

 

Enfin… Il faut bien s’adapter, et Marie-Entoilette est prête à mettre une cocarde sur sa capeline et un VTT dans son garage…

 

Mais d’abord, elle ira repérer les lieux avant de se lancer sur les pistes écocitoyennes.

 

A suivre…

 

 

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