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Ce week-end, j’ai donc dévoré trois parts de St-Honoré le dernier Echenoz, en deux coups de cuiller à gâteau.

 

Un pur délice.

 

Calorique, mais si léger, mousseux et acidulé tout à la fois.

 

Et ce style…. « Le style, c’est l’AUTORITE », décrétait un grand tailleur de Savile Row, et comme c’est vrai, pas seulement pour le choix d’un gilet!

 

Quelque chose qui s’impose, et qui en impose, du péremptoire mais évident, du simple, du naturel, mais parfaitement coupé. 

 

Après tout, auteur/autorité…C’est bien de la même famille tout ça…

 

Etre un auteur, c’est être dans l’ »autorité », et Echenoz est un vrai auteur, à côté duquel les écrivaillons moyens ont autant de tenue qu’une copie de Prada dans les rayons de Zara.

 

En tournant les pages de « Des éclairs » (vite, trop vite…J’aurais aimé les retenir plus longtemps), je repensais à toutes ces choses merveilleuses que Céline a su dire à propos du style, comme quoi:

 

« C’est l’affaire de l’auteur d’effacer le travail. Vous mettez le lecteur dans un paquebot. Tout doit être délicieux. Ce qui se passe dans les soutes ne le regarde pas. »

 Et aussi comment les écrivains doivent « se débarrasser du sujet, comme l’ont fait les peintres depuis bien longtemps ».

 

Ainsi, à la page 36 de ce beau conte alternatif, il y cette virgule, ou plutôt cette mise entre virgules:

 

« …il paraît bien plus attentif à la contemplation de ces volatiles qu’a celle des, par exemple, filles. »

 

Juste après « des », et pas avant…Ce n’est rien, cette virgule, juste une petite broche au revers d’un col, mais c’est tout.

 

J’aimais déjà beaucoup la fameuse « virgule d’Oxford », que l’on pose, sans nécessité aucune, avant le dernier terme d’une énumération, et ce malgré la présence du « et ».


(Un peu comme se mettre du rouge à lèvres, un jour où l’on n’a pourtant pas prévu de sortir de chez soi: « J’aime Céline, le St Honoré, et Echenoz. » Une coquetterie dérisoire. Mais indispensable.)

 

 

Et maintenant, voilà que je vais aussi chérir infiniment la petite virgule d’Echenoz.

 

  (Et je garde aussi les « appréciations complimenteuses » de la page 75, et toutes les merveilleuses ciselures des négations page 52, et l’intégralité de la page 142, et…

J’attaque le Houellebecq, pour enchaîner sur une autre « fiction sans scrupules biographiques ».)