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Une double célébration, vendredi soir à la mairie: les quinze ans de mandature de Mme Cartron, et l’inauguration de la devise républicaine sur le fronton du bâtiment (dont je n’avais jamais remarqué l’absence jusqu’alors!.)

 

 Une jolie mise en scène de la Compagnie Adrénaline, pour symboliser le passage de l’Ancien au Nouveau régime, mais hélas sans guillotine sanglante pour parfaire le tableau:

 

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 C’est qu’elle l’a dansée la Carmagnole, notre fière devise, au fil des siècles… Ce n’est qu’avec la Troisième République qu’elle a pu enfin s’installer confortablement sur nos bâtiments officiels. Car elle fut bien mal vue sous l’Empire, la Restauration, puis encore l’Empire, sans oublier l’intermède « Travail, Famille, et Pastille Vichy ».

 

Liberté Egalité Fraternité…

Nombreux furent les philosophes, de toutes les époques, à s’interroger sur la « cohabitation » de ces trois termes, bien moins complices qu’il n’y paraît.

 

Le plus pénétrant fut sans doute fut Bergson, qui décrivit la liberté et l’égalité comme deux soeurs ennemies. Et la fraternité comme l’élément réconciliateur, celui « qui lève la contradiction entre les deux autres ».

 

Ce serait donc par le biais de cette dernière, que les hommes libres pourraient aider leurs frères aliénés à devenir leurs égaux. Liberté, égalité, fraternité: fondatrices, indissociables, interactives, comme les trois côtés d’un triangle.

 

On a beaucoup discuté aussi la notion de liberté (mais en philo, on n’a que ça à faire, faut dire, dans les tonneaux ou sous les tonnelles) : liberté de qui, de quoi, liberté du marché ou liberté du marcheur?

(Et, tiens ressers-moi donc un peu d’ambroisie/hydromel/champ’/ schnaps. Encore un que les mèdes/romains/boches/FFI n’auront pas!)

 

Et l’équité n’est-elle pas préférable, et moins utopique que l’égalité? Pour Rousseau, l’égalité est consubstantielle à la liberté, et permet que « nul citoyen ne soit assez opulent pour en acheter un autre, ni assez pauvre pour être contraint de se vendre. » A méditer en ces temps d’immigration clandestine, de trafics humains en tous genres, ou de « gestation pour autrui ».

 

Quoiqu’il en soit, tous tombent d’accord pour souligner que, si liberté et égalité peuvent être considérées comme des droits, la fraternité, elle, relève du devoir moral. La différence est de taille, et mérite elle aussi d’être méditée en cette glauque conjoncture du « chacun chez soi, chacun ses sous ».

 

La fraternité est une flamme qu’il faut entretenir et entretenir encore, l’élément agissant et aimant du triangle républicain, son moteur. 

 

Et il ne faudrait pas le laisser se gripper, ce joyeux moteur, au risque de voir s’effondrer sur leur socle toutes les valeurs qui ont construit notre (ou nos) identité(s).

 

Voilà. C’était notre petit cours bisannuel d’affection civique.

 

A apprendre par coeur pour demain, et avoir droit ainsi à la deuxième partie du programme: la présentation du livre « Paroles d’artiguais », carrément royal!! .

 

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