Fin de récit
Commentaires : 2 - Date : avril 27th, 2010 - Catégorie : Des gens, des métiers
Faillites, invendus, saisies, fins de série, s’en vont souvent finir leur vie dans les bacs ou les allées d’un magasin artiguais, celui qui positive un max.
Pour le plus grand bonheur (enfin, on l’espère) des chalands qui viennent y déambuler, dimanche compris, à la recherche du Graal discounté.
Derrière chaque lot, chaque bac, c’est aussi un récit qui s’achève, un échec qui s’affiche. Des petites entreprises qui, sans bruit, ont rencontré la crise, mais de plus grosses aussi, et qui ont fait plus de fracas en s’effondrant:

Des salons de jardin, beaux comme un rêve de prof de sciences nat., des meubles télé pour regarder Arte… et parmi eux peut-être, les commandes réglées et jamais honorées de clients floués…
Plus loin, des vêtements de sport, des dessous fleuris:
Des livres aussi, que l’actualité a déjà démodés:
Et, parmi les DVD, un film destiné à remettre en lumière certains évènements terribles, orchestrés par le préfet Papon lors de la guerre d’Algérie, mais qui a fini,lui aussi, par rejoindre les ténèbres ironiques de l’amnésie cinéphile:
Et plus loin, du vin, des pâtes, du thé, des produits de beauté, des verres à prix cassés….
Tiens, en voilà une dont le destin est loin d’être scellé, et l’histoire bien loin de s’arrêter dans ce dépôt artiguais:

Vous la reconnaissez? C’est la Panton Chair, du designer danois Verner Panton, dessinée en 1960 (pour le restaurant de ses parents) et interprétée depuis dans toute une gamme de couleurs pétantes et de plastiques de pointe (car il y eut quelques fausses notes, au départ… et Vitra renonça même à l’éditer pendant plusieurs dizaines d’années pour cause de vieillissement accéléré.)
Je ne l’avais encore jamais croisée sous cette forme, sobrement et solidement revêtue de rotin, et destinée sans doute à adoucir la terrasse et la retraite d’un prof de dessin.
Parions que la faillite ambiante nous laissera sans doute encore longtemps le loisir de farfouiller dans ses stocks d’invendus, ultime étape avant les limbes consuméristes.






Commentaire by Shop around the corner - 27 avril, 2010 @ 10:43
Solder Rachida ? J’aurais plutôt vu une vente privée au Grand Hotel…
Commentaire by La dodue - 17 mai, 2010 @ 18:05
On ne le dit pas assez soyez curieux… car derrière la benne(dernière photo) remplie de je ne sais quoi, il y a des palettes pour la récup alors mrs, mme, restons les yeux ouverts, faire gaffe tout de même de pas vous faire surprendre par l’ours qui garde ces lieux, c’est un nounours en peluche pour ceux qui auraient peur de si aventurer… il y a un portail pas très loin au cas où vous devriez partir en trombe.