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Le cancre de la lune

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Une belle rencontre, samedi dernier à la médiathèque, avec Bernard Manteau, auteur des » Théorèmes du Port de la Lune. »

 

Ce livre, publié par les éditions Mollat, connaît déjà un joli succès et vient de se voir décerner le prix littéraire d’Aquitaine 2009.

 

Bernard Manteau fut peintre, sculpteur, voyageur, éducateur, psychopédagogue… Une vie bien remplie, au premier abord.

 

Mais il fut surtout un enfant maltraité, délaissé, grandissant dans une ambiance violente et mortifère, divaguant dans le cadre, aujourd’hui perdu, du Port de la Lune des années 50/60. (La photo de couverture est d’ailleurs une photo prise par l’auteur dans les années 70.)

 

Il fut un cancre irrécupérable, trainé d’écoles en églises, de quartiers chics en faubourgs interlopes.

Un cancre à mater, à punir, toujours en quête de trains et de fenêtres par où s’évader.

 

C’est cette histoire qu’il raconte dans ce beau livre autobiographique, qu’il a voulu comme un roman et non comme un récit, qu’il a construit comme un véritable objet littéraire, drôle et rythmé.

 

Quelle grande générosité chez cet auteur…. qui nous expose sa vie, son parcours, sa démarche, les personnages de son enfance, de son roman. Roman dont il nous lit de délicieux passages, en faisant virevolter ses mains, qu’il a gardées vulnérables et minuscules, comme celles d’un enfant…

 

Portrait d’une ville et d’une époque révolues, portrait d’une éducation qu’on pense dépassée, depuis que Freud et Dolto sont passés par là, et que les « cellules » psychologiques prolifèrent…

 

Mais, psychologique ou pas, une cellule reste une cellule, et il y a toujours des cancres, et des enfants blessés, en quête de fenêtres sans barreaux et de cieux plus cléments…

 

Des cancres qui, parfois, mais parfois seulement, sauront, comme Bernard Manteau, devenir des hommes de grande qualité, et cultiver la fleur de leur différence sur le fumier de l’enfance.

 

Il y eut, au cours du bref débat qui suivit la présentation du livre, un échange très intéressant, suscité par la réflexion d’un lecteur, plus âgé que l’auteur. Bien qu’ayant beaucoup aimé le livre, il l’a qualifié d’ « indécent » car « on ne parle pas de ces choses-là »

 

Quelque chose en moi a compris, peut-être, et approuvé sans doute, ce qu’il entendait par « indécence ». Ni l’humour, ni le talent ne parviennent à me rendre anodine la souffrance d’un enfant. Cela m’est tout simplement insupportable. Et plus grand est le talent, plus fort est mon sentiment de me délecter au profit d’une vie sacrifiée.

 

L’« indécence » serait alors plutôt à chercher du côté de la propre culpabilité du lecteur.

 

Car, pour une résilience réussie, combien de cancres se seront fracassés sur des fenêtres restées obstinément closes? Ceux-là, dont on ne parle pas.

 

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Andyv Warhol

 

 

 

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Aujourd’hui: jour de marché.

 

C’est le quart d’heure de gloire de l’endive.

 

Oui, je sais, pas très pop l’endive… Mais si on veut atteindre notre quota de 5 F&L/ jour, en cette saison, il va bien falloir faire quelques efforts.

 

 

 

Lakalo?

 

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Vous n’êtes pas sans savoir

                        j’adore  cette expression carrément faux-derche, qui signifie en fait: vous n’êtes qu’une bande de grosses taches, toujours en retard d’un TGV.

 

Vous n’êtes donc pas sans savoir que, depuis le début de cette année, les peintures glycéro sont devenues indésirables, au moins en intérieur.

 

J’espère que vous êtes pleinement conscients

                                                bande de grosses taches insouciantes

de toutes les implications dramatiques d’une telle mesure, dictée par les sempiternels impératifs européo-écolos, dont on commence à avoir marre l’habitude.

 

 Pour les grosses taches (mais vraiment très grosses alors), plus allergiques au travail manuel qu’à l’inhalation de COV (Composés Organiques Volatiles), précisons que la glycéro c’est comme la peinture à l’huile, et que l’acrylique c’est comme la peinture à l’eau.

Grosso (tacho) modo.

Seule la taille du support et du pinceau varie, ainsi que le solvant (=nettoyage des outils).

 

Quand on ripoline, on nettoie au white-spirit, quand on léonardise, on nettoie à la térébenthine. Dans les deux cas, les vapeurs du solvant dans un espace confiné décuplent et débrident la créativité du barbouilleur euphorisé.

 

 Sans parler du rendu…Quoi de plus réjouissant, pour l’oeil fatigué, qu’une belle laque tendue et miroitante…

 

Vous n’êtes peut-être pas sans vous en contreficher, mais pour les barbouilleuses de mon espèce, qui ont toujours un plafond de chapelle ou un dossier de chaise à repeindre, la disparition de la glycéro est une pure catastrophe.

 

On nous promet, bien sûr, que de nouveaux produits en phase aqueuse nous garantiront le même résultat. Mais bon, même quand on a été une grosse tache en physique-chimie, on pressent vaguement que le temps d’évaporation et le tendu ne peuvent être exactement semblables.

 

 

Donc: direction Seigneurie-Gauthier, fournisseur officiel et essoufflé de Ma Majesté, et cap sur mon conseiller-vendeur préféré: Pascal.

 

Qui, au passage, est aussi prévenant envers moi et mes petits pots de laque vert jade ou rose bonbon, qu’envers les gros bras en salopette qui lui commandent des tombereaux de peinture pour façades. God save the Queen and Pascal.

 

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 Imperturbable, Pascal m’assure que je retrouverai mon tendu bien-aimé avec la nouvelle gamme, à base de résines alkydes (pour les irréductibles grosses taches: résine=liant, alkyde=mélange aqueux, mais pas que.)

Je serais bien tentée de lui faire confiance. D’abord parce que c’est lui, ensuite parce qu’il me fait une démonstration:

 

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Pas mal… Je vais sans doute me laisser convaincre. Ou alors, je vais devenir:

 

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Mais vraiment à fond alors…!!

 

 

Easy rider

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 Au bord de la route enchantée en chantier, l’image d’une moto qui m’a fait rêver, le temps d’une halte forcée.

 

En harmonie parfaite avec son environnement éphémère: un peu de rouge, un peu de bleu, un peu de boue…

 

(Et, en plus, on aperçoit sur la photo mon hallucinant-ogène bolet artiguais préféré. Michelle devrait lui yarn-bomber un gros bonnet rouge à pois blancs!)

 

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(Avenue de l’Eglise romane)

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