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Mais non! Il ne s’agit pas de notre Johnny-Christ national!!  Santo subito!! D’ailleurs il nous enterrera tous! (Enfin j’espère, car on va en avaler du Johnny, si jamais il passe l’arme à gauche. Ou à droite, s’il est gaucher, c’est selon.)

 

Non, il s’agit du Père Noël supplicié, tel que l’avait décrit Claude Lévi-Strauss (qui a bien failli nous enterrer tous aussi, mais raté) dans un texte (premier ouvrage d’ethnoëlogie) publié en 1952. Et vous n’ignorez pas que nous avons tous en nous quelque chose de Lévi-Strauss.

 

Dans ce texte, donc, Lévi-Strauss s’appuie sur un fait-divers pour analyser nos rituels de décembre. En 1951, à Dijon, le clergé local organisa un bûcher pour y supplicier l’effigie du Père Noël, autre idole des jeunes.  Une sombre histoire de concurrence déloyale, quelque chose comme ça.

 

Heureusement, le chanoine Kir (si, si) s’arrangea pour le ressusciter vite fait, et consoler ainsi les plus jeunes  de ses paroissiens, traumatisés par l’incident, et hurlant en pleurs sur le parvis: « Que je l’ai-meuh….!!! »

 

Presque deux mois après sa mort, le moment est donc venu pour moi de rendre hommage au grand Claude, en citant une phrase extraite de son livre, et écrite il y a plus de cinquante ans, à une époque où les tropiques n’étaient pas encore tristement globalisés, et où on ne suspendait pas le pauvre vieillard à tous les balcons.

 

Cette citation prend une étrange résonance, en l’an 2009 après Crésus-Crise, et nous rappelle certains slogans plus récents: « Le monde n’est pas une marchandise », « Un autre monde est-il possible? » etc…

 

« Ce n’est pas seulement pour duper nos enfants que nous les entretenons dans la croyance du Père Noël. Leur croyance nous réchauffe, nous aide à croire qu’un monde sans contrepartie n’est pas absolument incompatible avec la réalité. » 

 

 

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