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Un nouveau stand s’est installé sur la place du marché, qui propose du lait. Du lait cru, du lait comme dans les souvenirs d’enfance, du lait comme autrefois. 

 

Autrefois, avant le progrès quoi,  et l’UHT, et les briques en carton empilées dans les grandes surfaces. Avant le progrès, et la pasteurisation, avant l’écrémage, et le cholestérol, et la listéria.

 

« De la mamelle à  votre table », nous dit l’affiche, et les bobos, les nostalgiques, les vrais gourmands sont contents de retrouver des gestes oubliés: faire bouillir le lait immédiatement après l’achat, le surveiller pendant qu’il monte doucement dans la casserole, contempler la bonne crème bien épaisse qui se forme à sa surface.

 

 

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 D’autant plus contents que ce sont d’au-then-ti-ques éleveurs charentais, réunis en mini-coopérative, qui se déplacent pour nous le vendre directement. N’est-ce pas for-mi-dâââ-ble!!!

 

Comme autrefois…. Avant le progrès, et tous les intermédiaires, et tous ces kilomètres en camion pour atteindre nos bols ou nos assiettes.

 

Car c’est la dernière crise laitière qui a poussé ces producteurs à venir vendre directement leur production au consommateur, étranglés qu’ils sont par les prix imposés des grandes surfaces, et qui ne couvrent même pas les « frais de bouche » de leurs laitières.

 

Lors de leurs récentes actions, destinées à faire connaître leurs difficultés au plus grand nombre, ils ont réalisé qu’il y avait une vraie attente pour des produits plus sains, plus proches.

 

Et ils ne sont pas les seuls à  avoir agi, réagi ainsi. Suivant d’ailleurs souvent l’exemple italien (rien d’étonnant de la part de ce pays si vieux jeu, qui joue encore au foot avec les pieds), où les distributeurs de lait cru font fureur  (Surtout dans le nord, quand même, région de verts pâturages et de vaches bien grasses. En bas, dans le sud aride, on carbure encore au lait de chèvre. Enfin, les jours fastes.)

 

 

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Et puis, quand on prend le temps de regarder le lait chauffer et monter lentement dans sa casserole, comme la moutarde à notre nez, on prend aussi conscience que la réalité économique est comme le lait. Crue.

 

Et que quand le progrès aura fini de dessiner sa courbe glorieuse dans les cieux étoilés de nos misérables existences, et bien, ce sera sans doute pour nous rétrograder à ce point de départ auquel on voulait tant échapper par ses soins.

 

Vers une société à échelle humaine, avec des commerces de proximité, comme les denrées qu’ils proposeraient, avec des prix qui ne seraient plus ni cassés, ni fracassés, ni discount à tout crin, mais simplement justes.

Et peut-être que l’avenir de la mondialisation, son point de « chute », ce sera simplement la société-village.

 

A l’ancienne. Comme les yaourts.

 

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