Juin

 

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Après un mois de Mai, mmouais…moyen mou, Juin s’annonce plutôt bien à Artigues.

 

D’abord, on va juger du polar et ça va saigner.

 

Ensuite, on aura droit à un Art&Paysage sur le thème de la mixité. (J’adore ces sujets-concepts, un peu fumeux, un peu fourre-tout, qui veulent coller à l’air du temps. J’adore aussi les stratégies pleines de malice mises en oeuvre pour les détourner subtilement. Cette année, par exemple, l’un des candidats proposera du maïxte! Tout un programme!)

 

Matali Crasset, designer label AOC et certifiée bio, présentera la cabane/saule pleureur, réalisée pour Arc-en-Rêve, il y a pile un an. Car, nouveauté, nos artistes en herbe, devront pour cette édition répondre à l’ »Agenda 21 des charges ».

 

De mon temps, au moins, on n’avait pas à se soucier de l’impact sur la planète de nos barbouillages, du risque cancérigène de nos solvants, et si les poils de nos pinceaux n’avaient pas été prélevés sur des espèces menacées par hasard. Et la tour Eiffel n’aurait jamais pu voir le jour, ça c’est sûr. (Bien avant mon temps, la tour Eiffel, je précise quand même.)

 

Puis, un programme sympa pour la fête de la musique avec, tiens, un crieur public (celui du marché de Bazas?).

 

C’est Fred Vargas qui a remis l’ancien héraut au goût du jour, et relancé la fonction.

Certes, maintenant c’est « fun », et on pourrait presque oublier que la fonction du héraut chez les grecs était quand même d’annoncer les châtiments, et que le tambour du garde-champêtre était fait pour relayer la « voix de son maître », et les ordres de mobilisation générale entre autres joyeusetés.

 

Moi, ce genre de performance, ça me ferait plutôt rire jaune.

 

Il y a un petit côté « délation » qui me gêne un peu, avec ces boîtes à lettres où l’on dépose anonymement les annonces qui seront ensuite claironnées à travers la ville. Comme la Bocca di Leone, que connut la Venise de l’Inquisition …(pas de mon temps, non plus, je précise), ou bien les amicales boîtes à lettres (« Dénonce ton voisin-sin! »), de l’Occupation. (Non, non plus…)

 

Genre: « J’en ai assez que ce cornuto de Marcello vienne boulotter mes cerises dès que j’ai le dos tourné, mais j’ai pas les cabbasisi*d’ aller lui dire en face ».

 

Et, imaginez, si je veux lui faire dire: « Chouchou! Je te vois!! » au crieur public, ira-t-il en prison à ma place, comme ce pauvre prof de philo marseillais?

 

Bon, allez, tout ça, c’est que des jérémiades de vieille râleuse parano. (Mais il est vrai que, de mon temps, on pouvait râler et pester dignement, et faire son petit tapage diurne en toute impunité.)

 

Il s’annonce bien ce Juin.

 

Faites tourner.

 

*cabbasisi = câpres. Une charmante petite métaphore, purement sicilienne. On peut aussi traduire par: coglione, si l’on tient absolument à appeler une câpre une câpre.

 

 

Flagrant délice

 

Petite revue de détails printanière.

 

Un vrai/faux champignon, qui joue les vénéneux:

 

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Une vraie/fausse haie, qui joue les postiches:

 

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Un vrai portail qui joue au confessionnal:

 

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Et deux vrais marlous pris en flagrant délice:

 

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Une nuit au musée

 

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La nuit des musées du 16 mai: l’occasion idéale de découvrir la base sous-marine en nocturne, et son énigmatique mise en lumière.

 

Elle accueille jusqu’au 5 juillet l’exposition conjointe des sculptures de Robert (et non Eric…) Kéramsi (dont la démarche évoque celle d’Ousmane Sow), et des peintures d’Alain Bergeon.                           .

 

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L’expo vaut surtout pour son habile scénographie: des Vénus callipyges ou des Apollon bedonnants contemplant, solitaires, des représentations d’étreintes, des silhouettes angoissantes et désolées répondant aux silhouettes alertes et dynamiques des visiteurs.

 

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Le tout dans une ambiance qui m’a fortement rappelé celle du thriller « Seven », avec des musiques et des éclairages subtilement dosés tout au long du dédale, quasiment organique, que suit le parcours de l’expo.

 

« Le plus profond chez l’homme, c’est la peau », disait Valéry. Et Deleuze d’approuver.

 

Toute cette humanité mise symboliquement à nu, au fil des salles/cellules enfonce un peu le clou: enlevons nos ori-peaux et nous ne sommes que des écorchés vifs.

 

 L’expo est gratuite, au fait.

 

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Green & graines

 

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A la première bourse aux plantes d’Artigues, j’ai glané dans mon panier (on dirait une comptine…): des graines de fenouil bronze et de volubilis varié, des plants de cosmos et de nigelle de Damas, des conseils bio pour jardiner, et même un petit morceau de prairie en sachet, offert par la mairie:

 

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J’y ai aussi glané des noms de plantes bucolico-burlesques qui me font rire ou rêver: le lys Gloriosa Rothschildia toisant cette pauvre verveine Bonariensis,  l’Halicacabum et la Barbe de bouc côtoyant  la Russian Princess:

 

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Un aperçu des serres municipales, avec un audacieux essai de culture de cailloux, et des belles de nuit encore endormies à 10 heures du mat:

 

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 Et surtout, un grand bol de vert, du vert sous toutes ses formes et dans tous ses états:

 

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Un rendez-vous parfait pour une matinée de printemps, à renouveler (et à anticiper!) l’année prochaine.

 

Et maintenant, au bouleau boulot:

 

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