dsc1266rsolutiondelcran.jpg -Jardiland d’Artigues -

 

Si les dieux grecs pouvaient enfin quitter leur olympienne retraite et revenir ici-bas nous groover un peu l’ambiance, ils métamorphoseraient de nouveau les femmes trop méritantes ou trop emmerdantes  en vaches, en fleurs ou en buissons , comme au bon vieux temps.

 

(Notons que les nunuches qui préfèrent évoluer en eau tiède ne sont pas concernées par l’offre, n’ayant jamais intéressé ni Zeus ni Apollon. Ca s’appelle la justice divine, et mieux vaut tard que jamais).

 

 

Et nous, dans le secret de nos coeurs ,nous nous imaginerions certainement en altière orchidée, en fatale tubéreuse,  en arum élégant, en rose poudrée, ou, pourquoi pas, semblables aux longilignes lys si lisses de nos magazines préférés, ces miroirs aux alouettes de nos fantasmes féminins…

 

(Personnellement, j’aurais bien pris l’option gingko bilboa, (seul végétal à être reparti de plus belle après Hiroshima), mais mon entourage me soutient que je serais bien plus crédible en champignon atomique).

 

Plus prosaiquebablement ressemblons-nous en fait à l’indéracinable pissenlit, à la courageuse jonquille, au coquelicot capricieux ou tiens, à la douce giroflée.

 

En voilà une fleur à laquelle on ne pense que distraitement, lorsque son suave parfum parvient jusqu’à nos narines un soir de pluie. Mais quel parfum…!

 

La giroflée, c’est l’oubliée des fonds de massifs, le faire-valoir idéal du végétal viril, l’épousée soumise derrière son grand homme, celle qui pourtant apporte subtilement couleur et saveur aux plates-bandes. Une métaphore parfaite de la place de la femme dans nos sociétés, vous dis-je…

 

Et il faut s’accrocher pour en dégoter quelques spécimens dans les jardineries, qui pourtant débitent du géranium à la chaîne…

 

 Pas de giroflée en peinture, ni en littérature… Juste une image argotique: « Donner une giroflée à cinq pétales » = envoyer une belle gifle. Si c’est pas connoté desperate housewife, ça…

 

Elle n’est pas terrible, il faut bien l’avouer. Voyez la mienne comme elle est moche même.

 

C’est sûr.

 

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Mais elle se suffit d’un rien, d’une terre même souffreteuse , d’un coin isolé ou de promiscuité. Elle n’a besoin que de soleil pour faire vibrer ses incomparables effluves.

 

Bon, allez Zeus, va pour la giroflée!! Mais arrange-toi pour que je me retrouve avec des copines d’infortune dans ton massif divin, qu’on puisse échanger des confidences, des doléances, des potins sur les lupins.

 

Des histoires de bonnes femmes , quoi.