dsc0967rsolutiondelcran.jpg-Avenue de Virecourt

 

 

Chaque année, à la même période, je ne me lasse pas de cette haie de lilas au-dessus de ce vieux mur moussu…

 

Chaque année, à la même période, je ne vais tout de même pas y aller de ma petite répitolade nostalgique sur les lilas en fleurs…

 

Quel train-train!

 

On dirait Marcel et son temps perdu…

 

Quoique. Ca peut avoir du bon la routine, et le retour des floraisons. Du bon, du beau, du réconfortant. Comme, par exemple, faire des crêpes tous les dimanche, ou « longtemps, se coucher de bonne heure« , ou encore, comme la marquise*, sortir tous les soirs à cinq heures…

 

Pour prendre son thé sous les lilas. Avec une madeleine.

 

 Et après tout, je n’ai jamais été très rock’n'roll, moi. J’aime assez ma petite routine, bien infusée, sans sucre, mais avec un zeste de fantaisie et un petit nuage de gibou-lait, merci.

 

Oui, définitivement, ça a du bon, le bon vieux temps, perdu puis retrouvé à chaque printemps renaissant. (Rien à voir, mais le bon vieux pain perdu, c’était bon aussi, maintenant que j’y pense.)

 

Allez, vous avez de la chance, je vous offre un petit poème assez rare du bon vieux Marcel, poème qu’il avait offert à sa fidèle Céleste. Une jolie petite répitolade nostalgique, un brin geignarde, certes, mais vraiment charmante:

 

 Ici bas tous les lilas meurent

Tous les chants des oiseaux sont courts

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours!

 

Ici bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours!

 

Ici bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours!

 

PROUST

 

 

 

 

 

*A propos de cette phrase de Paul Valéry: André Breton ne comprenait pas que l’on puisse lire des romans, ces choses qui commencent par « La marquise sortit à cinq heures ». Il préconisait de lire uniquement de la poésie et de la philosophie. Mais vous faites comme vous sentez…