Ficus magnus

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Deuxième sujet végétal cette semaine mais c’est le printemps ou jamais!!

 

Cet immense ficus croît et prospère sous la verrière d’une entreprise de formation (dont je ne citerai pas le nom, et dont je n’ai pas le droit de montrer le logo, mais y’APAVE de mal à ça, car tout le monde a été super sympa là-bas).

 

Le bâtiment a été achevé en 1996, le ficus minus d’alors fut planté au même moment. Faites le calcul…

 

A présent, on pourrait presque croire que l’édifice a été construit autour de lui, tellement sa présence y semble évidente.

 

Il faut dire que c’est un ficus serenus: une verrière personnelle et qui lui laisse le champ libre, une lumière parfaite dans ce bâtiment si clair et si aéré, des soins personnalisés, un environnement humain aimable et prévenant.

 

Mais le ficus gigantus a connu quelques soucis: une petite maladie l’année dernière, et une certaine propension à la mégalomanie qu’il a fallu juguler avec une taille radicale.

 

 Il est visible depuis la rue, éclairé la nuit, et son insolite présence oxygène ce coin d’Artigues, plus bourdonnant qu’une ruche.

 

Lorsque je ressors du bâtiment, la personne qui répare le portail m’apprend que le jardinier qui a planté cet arbre, tant d’années auparavant, est mort récemment.

 

Ficus  gratitudinus…

 

 

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Frontières

 

 

 

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Il faut franchir les frontières d’Artigues pour tomber sur ces très belles affiches dénonçant la politique anti-immigration qui sévit actuellement. Un thème également évoqué par le film « Welcome », récemment sorti et qui suscite une belle polémique.

 

Placardées à Cenon, Lormont, Floirac, ces silhouettes nous interpellent au coin d’une rue, ou à la faveur d’un feu rouge.

 

Dommage que personne n’ait jugé bon d’en coller aussi à Artigues… Ne nous sentons-nous donc pas concernés? Alors, nous avons bien de la chance…

 

Bien plus de chance que les calaisiens, témoins quotidiens pris entre les feux contradictoires de deux lois: celle qui sanctionne lourdement l’aide aux migrants quelle que soit sa forme (recharger un téléphone portable, offrir une douche ou un café…), et celle qui punit la non- assistance en personne en danger…A défaut de pouvoir les rendre définitivement invisibles, il sera bientôt interdit de simplement les regarder, tous ces pèlerins des terres promises aux promesses non tenues..

 

A ce casse-tête imposé par la loi, doit s’ajouter certainement une forme de « casse-conscience », bien plus douloureux…Car ce ne sont pas des silhouettes désincarnées que les calaisiens croisent au coin de leurs rues, mais des hommes de chair et de sang qui grelottent sous la pluie, ou bien des enfants, terriblement semblables à tous les enfants du monde….

 

Relisons Sénèque qui en l’an 41 se colletait déjà à la problématique des exilés, relisons-le et relativisons le regard que nous sommes amenés à porter sur l’ »autre », l’étranger, le frère, (voire le fils: pensons à ce jeune champion de boxe afghan, arrivé seul sur notre territoire à l’âge de 14 ans…)

 

 

 

« Tu auras peine à trouver une seule terre qui soit jusqu’à maintenant habitée par sa population d’origine : ce ne sont que métissages et greffes successives. Les populations se sont succédées les unes aux autres ; tel a convoité ce que tel autre a dédaigné ; tel fut chassé de l’endroit d’où il avait expulsé tel autre. Telle est la volonté du destin : que rien ne bénéficie d’une Fortune éternellement stable. (VII, 10) »

 

 » Ainsi, plein d’entrain et la tête haute, hâtons-nous d’un pas alerte là où nous portent les circonstances, parcourons tous les pays du monde ! Il ne saurait y avoir d’exil sous le firmament car rien n’y est étranger à l’homme. (VIII, 5) »

 

 

Fair-play

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 Avis à tous les jurés qui l’ignoreraient encore: la remise officielle du premier prix littéraire de la ville d’Artigues aura lieu le samedi 21 mars, 18h., au Vésuve.


 Le gagnant, Sasa Stanisic, ne pouvant venir en personne, et mon mari ayant catégoriquement refusé de se déguiser en jeune auteur serbo-croate (pourtant le rôle de sa vie et sa dernière chance de jouer dans le seul Kusturica artiguais), c’est la troisième dauphine qui nous fera l’honneur de sa présence.

 

Jean-Pierre Ohl, auteur des « Maîtres de Glenmarkie », beau joueur, sera donc avec nous ce soir-là, et c’est très bien comme ça!!! 

 

Bon, si lui aussi a un empêchement, je suis tout à fait apte à me déguiser en Christine Angot pour disserter sur la manière la plus efficace de désentartrer les sanitaires tout en entartant la littérature, ou bien en Catherine Millet pour justifier la ligne éditoriale d’Art Press, parfois un peu osée je vous le concède.

 

A samedi donc.

Mimosa

 

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Février, mars, voilà les mimoisa, mois à pompons, mois à flocons jaunes et parfumés.

 

C’est Francis Ponge qui la comparaison avec le mime osa:

 

« …Sur fond d’azur le voici, comme un personnage de la comédie italienne, avec un rien d’histrionisme saugrenu, poudré comme  Pierrot, dans son costume à pois jaunes, le mimosa. »

 

Un magnifique spécimen de Pierrot poudré se dresse à l’angle de la rue Jean Moulin, et, selon le sens des vents, son parfum printanier parvient à se glisser jusqu’à l’entrée de l’école primaire.

 

Mimosa = Riviera, dans l’imaginaire collectif, et dans les toiles de certains peintres solaires tels Bonnard « L’atelier aux mimosas », ou Valloton ‘ »Mimosas à Cannes 1921″:

 

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 Car c’est là que cette plante, de la famille de l’acacia et australienne d’origine, fut implantée aux alentours de 1880 par l’aristocratie cosmopolite, en villégiature sur la Côte d’Azur.

 

 Elle s’y est tellement bien acclimatée (la plante, mais l’aristocratie aussi finalement), qu’il existe même la Route du mimosa, longue de 130km et reliant Bormes- les -Mimosas à Grasse.

 

Grâce aux parfumeurs locaux, elle a poussé un peu plus loin, vers Paris (le parfum de St Laurent) et remonte même les « Champs Elysées » de Guerlain, dont elle est l’un des principaux composants olfactifs.

 

Mais revenons à notre sPongieux poète, certes un peu fumeux mais c’est ce qui fait son charme:

 

« …Floribonds à tue-tête à démentir vos plumes

l’azur narines bées inspirant vos oracles,

Piaillez-vous piaillez -vous

Glorioleux poussins » 

 

Pas tellement piaillard, le floribond dans le langage des fleurs… Le mimosa signifie « Personne ne sait que je vous aime », et symbolise donc l’amour platonique, soupirant et lointain. Mais ça, c’était avant Meetic. A présent, l’amour virtuel a remplacé le platonic….

 

 

MI   raculeuse

MO  mentanée

SA    tisfaction!

 

MI   nute

MO   usseuse

SA   franée!!!

 

Francis PONGE

 

 

 

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