kif6959copie.jpg

Mettons-nous d’accord: nous parlons ici de la brave jonquille, et non de ce snobinard de narcisse, son cousin pâlichon.

 

Notre jonquille tient son nom de l’espagnol « junco », qui signifie « jonc », en référence à la forme de ses feuilles. Cette méditerranéenne d’origine, pas bégueule, se plaît dans les jardins, les sous-bois, et pousse même jusqu’à 2000 mètres en altitude.

 

Cosmopolite, elle a fait le tour du monde. Les premiers migrants aux Etats-Unis avaient coutume d’en planter dans leur nouveau home du nouveau monde. C’est d’ailleurs souvent aux proliférations de jonquilles qu’on pouvait  déterminer les emplacements d’anciennes habitations.

 

La jonquille est toxique, et si, par hasard, il vous venait l’envie bien saugrenue de la déguster en salade, ou si, par mégarde, vous la confondiez avec un oeuf mimosa, sachez qu’il vous en coûtera une sérieuse gastro-entérite.

 

Peu d’anecdotes autour cette fleur à la tête toujours un peu penchée vers le sol, comme si, première à affronter les rigueurs extérieures, elle regrettait encore la chaleur de la terre.

 

Peu de traces en peinture, hormis cette oeuvre du pré-raphaëlite Waterhouse:

 

echonarcis2.jpg

 

Et c’est encore de l’autre côté de la Manche qu’on trouvera un poème ultra célèbre de Wordsworth qui lui est dédié:

 

Daffodils                                                                                                                
I wander’d as lonely as a cloud

That floats on high o’er vales and hills,

When all at once I saw a crowd,

A host, of golden daffodils.

 

(J’ai connu Emilie aux premières jonquilles

Elle était si jolie

Des jonquilles aux derniers lilas.

Dans la ferme endormie

Chaque fois que j’allais la voir

Son père avec un fusil 

M’attendait derrière l’abreuvoir

Des jonquilles aux derniers lilas.)*

 

 

Dans le langage des fleurs, la jonquille symbolise l’attente et l’espérance (« Jour après jour, j’attends la réponse à mon amour »).

Dans les jardins, les massifs et les potées, c’est le retour du printemps que les jonquilles nous aident à attendre et à espérer…


 

 *Etudiants en prosodie anglaise, il pourrait s’avérer risqué d’utiliser cette traduction, sauf si votre professeur est né  après 1978.