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Vous rappelez-vous  cette délicieuse plaque « Attention chien bizarre », dénichée dans la commune? Allez, on se la refait, pour les nouveaux lecteurs du blog (de plus en plus nombreux, au fait. Merci!!)

 

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Et bien notre sympathique clébard bizarre a plein de copains sur la commune, et qui, eux, annoncent plus franchement la couleur:

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Certains donnent dans le nuancé  en affichant juste leur portrait:

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Et d’autres sont plus explicites:

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On perçoit bien la volonté, pas seulement informative mais dissuasive, de ces plaques. C’est parfois amusant lorsque le molosse annoncé vous contemple de derrière le portail l’oeil débordant d’amour et la queue battant l’air comme un métronome…

 

Ou lorsque ce sont  des chats qui vous indiquent l’ennemi:

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Le plus souvent, c’est embarrassant.   On déambule tranquillement et un roquet vous poursuit le long du grillage en ameutant tout le quartier. Dans ces moments-là, on se vit soi-même comme un intrus, qui doit se raisonner, se rassurer: « Je ne fais rien de mal, je marche sur un trottoir, je ne fais rien de mal, je ne… » Parfois, une ombre soulève un coin de rideau de l’autre côté de la rue.

 (Et encore, je suis assez propre sur moi, sinon je me sentirais vite aussi à l’aise qu’un albanais à un meeting de Berlusconi…)

 

C’est dans ces moments là, aussi, qu’on s’interroge sur ce qui définit vraiment une ville: les infrastructures, l’offre commerciale et culturelle, la densité, oui…tout cela.

 

Mais aussi, la répartition équilibrée entre espace public et espace privé. Dans nos banlieues résidentielles, il y a très peu d’espace public proprement défini, et il reste strictement cantonné à des localisations précises.

 

Dans nos banlieues résidentielles, on ne déambule pas dans les rues, même s’il fait beau et que les jardins sont jolis. On ne pénètre dans un lotissement que parce qu’on y habite, ou parce qu’on va visiter quelqu’un, ou, à l’extrême rigueur, parce qu’on est précédé d’une poussette.

 

Dans nos banlieues résidentielles, tout espace est implicitement un espace privé, jusqu’au trottoir qui borde les habitations. Toute intrusion, toute prise de cliché anodine dans une rue quelconque peut être mal vécue. Et c’est cela que nous rappellent les gardiens canins.

 

Dans nos banlieues résidentielles, quand on déambule quand même dans les rues, un peu coupable, un brin confus, on a l’impression parfois d’errer dans les couloirs déserts d’un immeuble horizontal, et à ciel ouvert…

 

Mais parfois aussi, à l’occasion d’un cliché, la glace se brise, le chien s’apaise, le dialogue se noue et on y fait de bien jolies rencontres, dans nos banlieues résidentielles…

 

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