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Jonquille

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Mettons-nous d’accord: nous parlons ici de la brave jonquille, et non de ce snobinard de narcisse, son cousin pâlichon.

 

Notre jonquille tient son nom de l’espagnol « junco », qui signifie « jonc », en référence à la forme de ses feuilles. Cette méditerranéenne d’origine, pas bégueule, se plaît dans les jardins, les sous-bois, et pousse même jusqu’à 2000 mètres en altitude.

 

Cosmopolite, elle a fait le tour du monde. Les premiers migrants aux Etats-Unis avaient coutume d’en planter dans leur nouveau home du nouveau monde. C’est d’ailleurs souvent aux proliférations de jonquilles qu’on pouvait  déterminer les emplacements d’anciennes habitations.

 

La jonquille est toxique, et si, par hasard, il vous venait l’envie bien saugrenue de la déguster en salade, ou si, par mégarde, vous la confondiez avec un oeuf mimosa, sachez qu’il vous en coûtera une sérieuse gastro-entérite.

 

Peu d’anecdotes autour cette fleur à la tête toujours un peu penchée vers le sol, comme si, première à affronter les rigueurs extérieures, elle regrettait encore la chaleur de la terre.

 

Peu de traces en peinture, hormis cette oeuvre du pré-raphaëlite Waterhouse:

 

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Et c’est encore de l’autre côté de la Manche qu’on trouvera un poème ultra célèbre de Wordsworth qui lui est dédié:

 

Daffodils                                                                                                                
I wander’d as lonely as a cloud

That floats on high o’er vales and hills,

When all at once I saw a crowd,

A host, of golden daffodils.

 

(J’ai connu Emilie aux premières jonquilles

Elle était si jolie

Des jonquilles aux derniers lilas.

Dans la ferme endormie

Chaque fois que j’allais la voir

Son père avec un fusil 

M’attendait derrière l’abreuvoir

Des jonquilles aux derniers lilas.)*

 

 

Dans le langage des fleurs, la jonquille symbolise l’attente et l’espérance (« Jour après jour, j’attends la réponse à mon amour »).

Dans les jardins, les massifs et les potées, c’est le retour du printemps que les jonquilles nous aident à attendre et à espérer…


 

 *Etudiants en prosodie anglaise, il pourrait s’avérer risqué d’utiliser cette traduction, sauf si votre professeur est né  après 1978.

 

 

 

Pariétal

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Dans la petite cavité naturelle (?), qui se trouve dans le Parc de la mairie, de rupestres artistes ont ébauché un mini Lascaux 3.

 

Pas mal du tout… On retrouve la tête de cerf cernée de noir, les empreintes de mains au pochoir… Pigments indéterminés… Mais je pencherais pour du Pépito broyé.

 

Sans doute dérangés dans leur entreprise par un mammouth en rut, ils n’ont pas parachevé l’oeuvre, qui demeurera donc anonyme et mystérieuse au regard des générations futures .

 

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Mise en garde

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Vous rappelez-vous  cette délicieuse plaque « Attention chien bizarre », dénichée dans la commune? Allez, on se la refait, pour les nouveaux lecteurs du blog (de plus en plus nombreux, au fait. Merci!!)

 

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Et bien notre sympathique clébard bizarre a plein de copains sur la commune, et qui, eux, annoncent plus franchement la couleur:

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Certains donnent dans le nuancé  en affichant juste leur portrait:

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Et d’autres sont plus explicites:

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On perçoit bien la volonté, pas seulement informative mais dissuasive, de ces plaques. C’est parfois amusant lorsque le molosse annoncé vous contemple de derrière le portail l’oeil débordant d’amour et la queue battant l’air comme un métronome…

 

Ou lorsque ce sont  des chats qui vous indiquent l’ennemi:

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Le plus souvent, c’est embarrassant.   On déambule tranquillement et un roquet vous poursuit le long du grillage en ameutant tout le quartier. Dans ces moments-là, on se vit soi-même comme un intrus, qui doit se raisonner, se rassurer: « Je ne fais rien de mal, je marche sur un trottoir, je ne fais rien de mal, je ne… » Parfois, une ombre soulève un coin de rideau de l’autre côté de la rue.

 (Et encore, je suis assez propre sur moi, sinon je me sentirais vite aussi à l’aise qu’un albanais à un meeting de Berlusconi…)

 

C’est dans ces moments là, aussi, qu’on s’interroge sur ce qui définit vraiment une ville: les infrastructures, l’offre commerciale et culturelle, la densité, oui…tout cela.

 

Mais aussi, la répartition équilibrée entre espace public et espace privé. Dans nos banlieues résidentielles, il y a très peu d’espace public proprement défini, et il reste strictement cantonné à des localisations précises.

 

Dans nos banlieues résidentielles, on ne déambule pas dans les rues, même s’il fait beau et que les jardins sont jolis. On ne pénètre dans un lotissement que parce qu’on y habite, ou parce qu’on va visiter quelqu’un, ou, à l’extrême rigueur, parce qu’on est précédé d’une poussette.

 

Dans nos banlieues résidentielles, tout espace est implicitement un espace privé, jusqu’au trottoir qui borde les habitations. Toute intrusion, toute prise de cliché anodine dans une rue quelconque peut être mal vécue. Et c’est cela que nous rappellent les gardiens canins.

 

Dans nos banlieues résidentielles, quand on déambule quand même dans les rues, un peu coupable, un brin confus, on a l’impression parfois d’errer dans les couloirs déserts d’un immeuble horizontal, et à ciel ouvert…

 

Mais parfois aussi, à l’occasion d’un cliché, la glace se brise, le chien s’apaise, le dialogue se noue et on y fait de bien jolies rencontres, dans nos banlieues résidentielles…

 

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And the winner is…

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….Mlle Barrault, pour sa très belle vue du centre-bourg. Elle a été également récompensée dans la catégorie « Instantanés urbains », ex-aequo avec Pierre Langaud, pour sa photographie  de nos chers et pointilleux boulistes artiguais. Cette jeune fille souhaite faire de sa passion son métier: voilà qui devrait l’encourager à poursuivre dans cette voie.

 

Dans la catégorie « Portraits »:

 

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Catégorie « Instantanés urbains », Pierre Langaud (en grand coloriste, notre raffiné vainqueur a su coordonner parfaitement sa veste à son cliché):

 

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Catégorie « Paysage », Mr Laporte:

 

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Pour terminer, une photo de l’ensemble des gagnants et des organisateurs. Au passage, merci à eux pour cette stimulante proposition, à renouveler l’an prochain.

(La photo a été prise par un jeune juré: la relève est assurée).

 

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Sur ce, je vais me reposer quelques jours sur mes lauriers…

 

 

 

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