dsc00692.jpg

 

Voici Michel, le créateur de la magnifique boite à lettres flamant que je vous avais présentée ici.

 

Michel est un « Artiste Modeste », un vrai, mais il est aussi un artiste polymorphe, intarissable, étourdissant, passionnant, vivant, valsant…

 

Portrait.

 

Comme tout Artiste Modeste qui se respecte, Michel n’a pas étudié la peinture et ses académismes, même s’il a toujours eu « le don sur la peinture et le dessin« . Il a débuté dans la vie comme mécanicien pour machines à écrire et à calculer. Un métier qui n’existe plus, du reste, mais qui demandait précision et aptitudes manuelles.

 

Comme tout Artiste Modeste qui se respecte, Michel est un chineur et un bricoleur de premier ordre. Le genre qui fait tout lui-même, qui répare, restaure, détourne, redécore… En dehors de la boite à lettres, il a aussi réalisé ses fenêtres en vitraux, son muret avec des pierres de récupération, sa décoration Louis XV au fil des brocantes, et j’en passe.

 

Comme tout Artiste Modeste qui se respecte, Michel vénère la Grande Peinture et a un maître: Joseph Vernet, peintre officiel de la Marine au XVIII° siècle.

 

Michel copie inlassablement ses vues des ports français, depuis trente ans. Il n’a vu les originaux, au Musée de la Marine de Paris, que l’année dernière. Il a été un peu déçu, malgré tout. Il les « voyait plus grands« .

 

Comme tout Artiste Modeste qui se respecte, Michel sait rester à sa place, car il connaît fort bien la frontière essentielle qui sépare le peintre qui copie du peintre qui crée…Je pense alors au Douanier Rousseau, qui peuplait ses jungles d’animaux copiés sur des journaux illustrés.

 

Michel fait des fresques murales, dans sa cuisine, mais également pour les boutiques qui lui en demandent: la boulangerie de Montussan, c’est lui, ainsi que le Palmer Market à Cenon. Il a appris la peinture en lettres sur le tas, aussi.

 

Comme tout Retraité qui se respecte, Michel a une vie trépidante. Son autre passion, c’est la danse rétro, surtout la valse viennoise. Il écume tous les concours avec sa nouvelle fiancée (Artiste Modeste, elle aussi), dans la caravane qu’il a restaurée pour l’occasion. Il me montre les costumes chatoyants qu’ils dénichent, retouchent et agrémentent.

 

Saviez-vous que, dans le paso-doble, l’homme symbolise le torero? Et la femme alors?, me demande Michel, pendant que nous regardons la vidéo du dernier concours. « La vache? » proposai-je (avec toute la finesse qui me caractérise). Pas du tout: la femme tournoie et ondule comme la muleta autour du matador.

 

Chez les Artistes Modestes, les portraits à l’huile remplacent les photos des enfants. Chez les Artistes Modestes, les bouquets au pastel remplacent les fleurs, trop périssables. Chez les Artistes Modestes, quand on va se balader avec un copain, c’est pour poser le chevalet, et faire un concours de tableaux.

 

Au moment de nous quitter, Michel m’offre sa vieille palette. Faite maison, évidemment. Et si émouvante. Je vais l’accrocher sur l’un de mes murs, et les jours de déprime je la contemplerai.

 

Pour me rappeler que, même si notre vie semble parfois n’avoir aucun sens, on peut au moins essayer de lui donner une forme. Et des couleurs.

 

dsc0090800x600.jpg dsc00702800x600.jpgdsc0080800x600.jpgdsc0100800x600.jpgdsc0078800x6001.jpgdsc0101800x600.jpg