kif6606800x600.jpg -Tout-Y-Faut-
Tombé au champ d’honneur, le coquelicot.

Victime de sa réputation de mauvaise graine.

Recherché par la brigade des stups. Réduit à demander l’asile sur les bords de route ou les friches urbaines.

 

Reconstitution des faits:

Comme le bleuet et la matricaire, le coquelicot est une plante messicole: une amie des moissons, et qui fut très longtemps hébergée dans les champs, surtout de blé.Pour preuve, ce tableau de Monet:

 

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On connaissait déjà ses vertus soporifiques (le coquelicot est de la famille du pavot), et on mélangeait ses pétales à la bouillie des petits, afin de leur assurer une nuit paisible.

Puis, l’on s’en méfia: n’allait-il pas altérer la qualité des farines, qu’on voulut toujours plus blanches, toujours plus pures?

Alors, on se mit à séparer le bon grain de l’ivraie, en éliminant peu à peu ses semences. Discriminé le petit pavot, et refoulé aux frontières des prés.

Là, les herbicides achevèrent le travail. Le coquelicot (qui signifie « petit coq » en vieux français) fait maintenant crête basse sur les zones de chantier et les bords de trottoir.

C’est qu’il aime les sols bien « remués », d’où son amour pour les champs de blé, et de bataille. Là où on sait si bien labourer la terre et la chair des hommes.

D’ailleurs, en Angleterre, en écho à un poème pompeusement larmoyant, on en a fait le symbole des anciens combattants. Le jour anniversaire de l’armistice, on y distribue des « poppies » en papier. Mais rien à voir avec les « Poppies » chantés par Patti Smith…

 

Petites fleurs de couleur, mes soeurs de misère, si vous ne trouvez plus de place au carrefour de Tout-Y-Faut, émigrez donc en Grèce, où l’agriculture intensive n’a pas encore fait de ravages, et où l’on vous accueille , à prés ouverts, vous si rouges contre le bleu de la mer…

 

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