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La poésie ne semble pas être, a priori, une préoccupation fondamentale en urbanisme.

 

Pourtant, la dimension poétique de l’habitat a émergé, lors du débat organisé en amont de l’Agora 2008 à Bordeaux, entre des enfants et des architectes.

 

Rien de plus difficile à définir que la poésie, rien de plus impalpable. Cocteau disait: « La poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi ». Elle est aussi imprévisible, et on ne peut pas l’acheter sur plan.

 

En architecture, comme ailleurs, elle naît parfois du téléscopage , voire du « mauvais goût ». Parfois aussi, elle émane d’une parfaite symbiose entre intention, éléments et réalisation . Mais on ne peut pas la « construire ».

 

Pour moi, comme pour tous les enfants de mon âge je suppose, la poésie d’un lieu doit comporter une part de mystère. D’ailleurs, les deux maisons que je trouve les plus poétiques sur la commune m’évoquent des personnages de romans policiers.

 

Sur ce blog, on m’a un jour comparée à Miss Marple. Et bien, si j’étais la Miss Marple d’un Artigues fantasmé, c’est ici que j’habiterais:

 

 

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Et, avoir avoir désherbé ma plate-bande tout en observant mes voisins par-dessous mon chapeau (de paille), je m’installerais sur le fauteuil en chintz (à fleurs roses) ,pour déguster mon five o’clock tea (à la bergamote), en méditant sur les méandres tortueux de la « nature humaine ».

 

 

Ici, en revanche, c’est ambiance Club des Cinq. On imagine du mouvement, de la vie, des malles pleines de surprises à découvrir dans un grenier, des aventures palpitantes dans une cabane improvisée et Dagobert endormi sur la balancelle du jardin:

 

 

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Peut-être que ,si je connaissais leurs « rimes internes », leurs habitants ou la couleur des tapisseries, peut-être que la magie disparaîtrait.

Peut-être aussi que la poésie que je leur prête n’existe que dans mon propre regard.

Tant pis: la poésie est un plaisir égoïste, après tout.